Comment concilier croissance économique et économie circulaire ?

Comment concilier croissance économique et économie circulaire

La croissance économique est, en général, l’augmentation sur une période courte ou longue de la quantité de biens et services produits dans un pays, mesurée année après année. La recherche de profits, le besoin de confort, les phénomènes de mode sont pourtant des facteurs qui favorisent la consommation en abondance de produits qui seront jetés à la fin de leur cycle de vie. Les conséquences d’une telle habitude sur l’environnement sont malheureusement immenses. Par conséquent, il faut se tourner vers un modèle circulaire permettant la réutilisation des produits à leur fin de vie

Face au constat pas très luisant relatif à la dégradation de l’environnement, un courant de réflexions a démarré en mettant au cœur des préoccupations la dissociation entre croissance économique et consommation des ressources naturelles. Telles sont les bases de l’économie circulaire développées dans cet article.

Le concept

La pérennité du modèle économique linéaire est aujourd’hui fragilisée et remise en cause par l’épuisement des matières premières. Devant un tel constat, il est plus que primordial de changer en adoptant un concept qui permettrait de nouveaux usages de la matière première et une bonne récupération des produits en fin de vie.

L’économie linéaire : le modèle économique classique

L’économie linéaire

L’économie linéaire est le modèle économique qui vous est familier ; elle se fonde sur 4 principes : extraire les matières premières, fabriquer le produit, consommer, jeter. Tout au long de la durée de vie du produit, ce système ne se préoccupe pas de l’aspect non renouvelable de certaines ressources ou de la quantité d’énergie consommée, ni des conséquences néfastes des rebuts sur la nature. Il n’apporte pas non plus de valeur ajoutée pour la société en dehors de l’entreprise. L’économie linéaire devient ains, dépassée face aux enjeux environnementaux et sociaux actuels.

L’économie circulaire : un nouveau concept pour une croissance économique durable

L’économie circulaire se positionne en tant qu’alternative à l’économie linéaire pour apporter des solutions aux problèmes environnementaux et sociaux. L’objectif est de mettre en place un système économique dans lequel il n’existe pas de cause à effet notoire entre la production et l’environnement grâce à de nouvelles pratiques innovantes dans les domaines de l’organisation, de la fabrication, du mode de consommation du produit tout au long de son cycle de vie.

L’économie circulaire

Une démarche solidaire

L’atteinte de cet objectif repose essentiellement sur l’implication et la solidarité de toutes les parties prenantes :

  • Pour les citoyens : une prise de conscience de l’empreinte négative créée par la surconsommation sur l’environnement doit conduire à une attitude de consommation plus responsable qui répond aux exigences de la circularité,
  • Pour les entreprises : la solidarité des entreprises doit permettre la mutualisation des ressources et des moyens et les placer au cœur du système économique circulaire,
  • Pour les autorités publiques : la réussite de ce modèle économique dépend, en majeure partie, sur leur capacité à intégrer dans leur politique les fondamentaux du concept et à cadrer les activités de manière pratique à travers des lois, des textes, des règlementations, des systèmes d’évaluation et de suivi.

En France, par exemple, l’Agence de l’Environnement de la Maitrise de l’Energie (ADEME) est l’organe public français chargé de conduire les recherches, de donner l’impulsion nécessaire aux acteurs socio-économiques, de les soutenir par des conseils et financièrement dans le cadre de la transition écologique. C’est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous la tutelle des ministères de la Transition écologique et solidaire et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Par ailleurs, le ministère de la Transition écologique français a défini 11 indicateurs qui lui permettent de mesurer l’avancement des actions engagées relatives à l’économie circulaire selon une feuille de route établie.

Les principes fondateurs de l’économie circulaire

Les fondements de l’économie circulaire tournent autour de trois domaines, selon le schéma de l’ADEME énoncé ci-dessous :

  • la nature et la qualité des produits offerts par les acteurs économiques,
  • le mode de consommation des acheteurs,
  • la gestion des déchets.

Ces trois domaines fonctionnent en boucle dans cette approche systémique et sont interdépendants. Les sept principes, appelés piliers, qui supportent chaque domaine desservent le même but qui est « la prévention et la gestion efficace des ressources naturelles ».

L’Offre

Indice de réparabilité

Un produit qui s’inscrit dans le principe de la circularité ne doit pas nuire à l’environnement, et cela, dès sa conception et sa fabrication. Il doit aussi répondre à la demande de durabilité et offrir la possibilité d’être réparable, d’être recyclable en entier ou en partie si cela n’est pas possible. La mise en place de l’indice de réparabilité d’un produit est une mesure destinée à lutter contre l’obsolescence programmée, un « ensemble de techniques visant à réduire volontairement la durée de vie d’un produit pour accroître son taux de remplacement ».

Voici les différentes manières pour y arriver à travers les 4 premiers piliers :

1. Un approvisionnement durable

L’approvisionnement est une étape décisive : c’est la phase où il faut exploiter les ressources naturelles pour en extraire des matières premières. En sachant que ces ressources ne sont pas inépuisables, des moyens permettent cependant d’en limiter l’utilisation :

  • Dans la manière de consommer les ressources : utiliser de manière juste les matières et les énergies nécessaires à la production, préférer les ressources renouvelables ;
  • Dans le choix des matières premières utilisées : recourir aux produits recyclés ou récupérer leurs composants, allonger la durée de vie des produits.

2. Une écoconception

Le principe de l’écoconception est de faire en sorte qu’un bien ou un service ait le moins d’impact négatif possible sur l’environnement pendant son cycle de vie, lors de sa phase de production, durant son utilisation et jusqu’à sa fin de vie.

Le produit éco-conçu est :

  • Ecologique
  • Durable
  • Réparable
  • Réutilisable
  • Recyclable

3.  Une écologie industrielle et territoriale

Pour les acteurs socio-économiques et territoriaux, il s’agit de travailler ensemble grâce à une organisation qui met au cœur du système les échanges de savoir-faire, de technologies, d’informations, mais aussi de mettre en commun les ressources (matières, énergie). C’est la symbiose industrielle.

4. Une économie de la fonctionnalité

En économie de fonctionnalité, le consommateur utilise le produit sans en être propriétaire. En contrepartie de l’usage du produit et de certains services associés, il verse un droit au producteur. Le consommateur sera alors exempté des soucis liés à la fin de vie du bien. En revanche, le producteur continuera à bénéficier du produit à la fin du contrat d’usage : en rallongeant sa durée de vie, en récupérant les composants ou en les recyclant.

Le mode de consommation des acheteurs

Les comportements d’achat irresponsables de la part du consommateur ont un impact négatif sur l’environnement. De bonnes habitudes de consommation peuvent néanmoins inverser cette tendance, telles que la consommation responsable et l’allongement de la durée d’utilisation.

La consommation responsable

Consommer responsable c’est donner la priorité aux biens et services qui sont respectueux de l’environnement et de l’éthique tout au long de leur cycle de vie. Cela se traduit par des simples attitudes qui relèvent du bon sens telles que faire don des choses inutilisées, ne pas gaspiller les aliments, partager le moyen de transport individuel avec les autres (covoiturage)…

L’allongement de la durée d’usage

Cette action permet de reculer le moment où le produit ne servira plus à rien et devra être jeté :

  • le produit peut être transféré à un autre propriétaire qui en fera un autre usage,
  • il peut subir une réparation pour être de nouveau fonctionnel,
  • il peut être reconditionné et être aussi performant qu’il l’était à son état initial.

La gestion des déchets

Le recyclage consiste à récupérer les déchets et à utiliser tout ou partie des composants pour fabriquer d’autres produits.

Gestion des déchets

Les retombées attendues

Les actions développées dans les 7 piliers de l’économie circulaire concourent à la préservation des ressources et des énergies. Ce modèle économique est un cycle d’engagement continu pour tous les acteurs. Un élan collectif conduit à des retombées positives pour chacun d’eux.

En faveur du citoyen

Le citoyen qui adopte une attitude de consommation responsable bénéficiera d’avantages intéressants sur le plan personnel et social. Cette attitude est bénéfique pour :

  • le bien-être de l’individu : puisque les produits éco-conçus ont une qualité supérieure et sont fabriqués de façon plus saine ;
  • le budget du ménage : car le recours aux matériels et meubles d’occasion ou reconditionnés diminuera le budget consacré au renouvellement des équipements, d’une part, et la cession des équipements usagés renflouera le budget familial, d’autre part ;
  • les liens sociaux : en effet, le fait de chercher à réparer, à céder, à échanger les biens amène les personnes à élargir leurs relations.

Les réseaux des Repair Café, par exemple, sont des lieux conviviaux où des bénévoles offrent leurs services gratuitement pour faire des travaux de réparation.

En faveur des entreprises

L’enjeu majeur pour les entreprises est avant tout économique. Plus la symbiose industrielle fonctionne, plus la positivité de cet impact est importante.

Les producteurs au sein d’une même région qui mettent en commun la gestion de leurs ressources arrivent à réduire leurs coûts d’approvisionnement grâce à la proximité. Ils sont affranchis de la dépendance envers les fournisseurs et le prix des matières premières. Ainsi, ils peuvent maîtriser plus facilement leurs coûts.

Toujours grâce à ce système de mutualisation, chaque société réalise des bénéfices. Les déchets rapportent de l’argent au lieu de leur en coûter. L’image de marque de l’entreprise est aussi améliorée car elle sera positivement perçue par les consommateurs responsables qui lui accorderont naturellement leurs préférences.

En faveur des collectivités territoriales

Le système économique habituel cherche constamment à réduire ses coûts pour augmenter sa marge de bénéfice. C’est pourquoi les grandes entreprises sous-traitent dans les pays où la main-d’œuvre ne coûte pas cher. Sinon, elles délocalisent une partie de leurs activités, ce qui entraîne une suppression d’emplois.

L’économie circulaire peut contrecarrer cette situation et devenir un tremplin pour l’essor économique d’une localité.  A l’image des sociétés, une localité circulaire qui s’appuie sur l’écologie industrielle dispose, sur place et à un coût compétitif, des matières premières. C’est un argument économique fort qui va attirer de nouveaux investisseurs, mais aussi empêcher les acteurs économiques locaux de partir.

Par ailleurs, les concepts circulaires sont créateurs de nouvelles activités. Ils favorisent le retour des métiers liés aux réparations, aux faits-mains et qui tendent à se raréfier.

Les productions croissantes des pays industrialisés ont précipité la destruction de l’environnement et de ses ressources. Ainsi, l’économie circulaire promet une approche novatrice pour une croissance économique durable.

 

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